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Time Flies : La vie est courte pour une mouche

🪰 Vous avez 80 secondes à vivre. Allez-vous devenir riche, jouer du piano ou mourir bêtement ? Test de Time Flies, l’OVNI suisse de l’année.


Time Flies : L’art de rater sa vie avec panache (et deux ailes)

⚠ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.


Vous pouvez écouter cet article sous forme de podcast ici, généré par IA. Et nous sommes également sur Apple Podcast & sur YouTube Podcast ici :

L’essentiel en 3 points :

  • Une simulation de vie de mouche où la durée de la partie dépend de l’espérance de vie de votre pays réel.
  • Un cycle de vie/mort rapide de type Roguelite pour cocher une liste de souhaits absurde avant le trépas.
  • Un style « 1-bit » noir et blanc sublime, drôle et mélancolique, signé par les créateurs suisses de Kids.

Arrêtez tout. Il vous reste exactement 83 secondes à vivre. Vous faites quoi ?

Vous êtes-vous déjà demandé ce qui passe par la tête d’une mouche lorsqu’elle s’acharne contre votre vitre ou qu’elle décide de se poser précisément sur votre nez pendant votre sieste ? Chez Gus&Co, on s’est souvent posé la question (surtout l’été). Le studio zurichois Playables, en duo avec l’éditeur Panic (les génies maléfiques derrière l’oie de Untitled Goose Game), nous offre la réponse. Et spoiler : c’est aussi absurde que philosophiquement vertigineux.

Sorti au cœur de l’été 2025, Time Flies est un OVNI en noir et blanc qui nous a fait bourdonner de plaisir. Plus qu’un simple simulateur de vol pour nuisible, c’est une « vanité » interactive, un memento mori de poche qui tient dans la main. Oubliez les mondes ouverts de 200 heures. Ici, votre vie se compte en secondes. On vous explique pourquoi cette pépite suisse est l’expérience indé vidéoludique la plus indispensable (et la plus courte) de l’année.

Géopolitique de l’espérance de vie

Le génie de Time Flies vous frappe avant même le premier battement d’ailes. Au lancement, le jeu ne vous demande pas votre niveau de difficulté, mais une info bien plus cruelle : « Où êtes-vous ? ».

Ce n’est pas de la data pour le marketing. C’est pour décider combien de temps vous allez vivre. Le jeu couple votre espérance de vie de mouche à l’espérance de vie humaine réelle de votre pays (basée sur les données de l’OMS).

  • Vous jouez en Suisse (comme les développeurs Michael Frei et Raphaël Munoz, cofondateur des studios genevois Aprobado) ? Bingo, vous avez environ 83 secondes. Le mode facile, le privilège occidental incarné.
  • Vous choisissez le Mozambique ? Le compteur chute sous les 60 secondes.

C’est ingénieux, c’est injuste, et ça pose le décor : nous ne sommes pas égaux face au temps. Soudain, le stress du chronomètre devient politique. Avec 80 secondes, on flâne, on écoute du jazz. Avec 50, on court (enfin, on vole) vers l’efficacité pure.

Une « bucket list » de l’absurde

Une fois votre durée de vie déterminée, votre mission est de remplir une « Bucket List » (liste de choses à faire avant de mourir) avant que le chrono ne tombe à zéro. Mais attention, vos désirs sont pathétiquement humains pour un si petit insecte. L’humour à froid des créateurs fait ici des merveilles :

  • « Devenir riche » : Il suffit de se poser sur une pièce de monnaie. Ça ne sert à rien, vous ne pouvez rien acheter, mais la case est cochée. La vacuité du matérialisme résumée en deux secondes.
  • « Apprendre un instrument » : Marchez sur les cordes d’une guitare. Dzing. C’est faux, c’est moche, mais c’est validé.
  • « Se soûler » : Plongez dans un fond de verre de vin et gérez ensuite une physique de vol totalement ivre (et hilarante).
  • « Mourir vieux » : Ne faites rien. Attendez. C’est long, c’est angoissant, mais vous avez réussi.

C’est là que Time Flies devient un roguelite existentiel. Vous allez mourir. Souvent. Écrasé, noyé, grillé par une lampe (ah, la lumière !), ou simplement de vieillesse. Mais votre liste, elle, persiste. Chaque vie est une micro-aventure pour cocher une case de plus dans le grand livre de votre existence absurde.

L’école suisse du minimalisme

Pour saisir la beauté de Time Flies, il faut comprendre d’où il vient. Playables, c’est le studio, suisse, zurichois, derrière KIDS et Plug & Play, des œuvres interactives bizarres. Ici, ils adoptent un style « 1-bit » radical : noir et blanc pur, trait tremblotant dessiné à la main. Pas de 4K, pas de Ray-Tracing, juste une lisibilité parfaite qui rappelle le dessin de presse satirique.

Côté gameplay, contrôler la mouche est une expérience en soi. La physique est volontairement « lourde ». Vous dérapez, vous avez de l’inertie. Ce n’est pas un avion de chasse, c’est un corps biologique maladroit. Heureusement, un « Bullet Time » (ralenti) s’active près des objets clés pour vous laisser le temps de viser.

Et le son ? Préparez le Doliprane : le bourdonnement est constant. Il devrait être insupportable, mais il devient une texture, une preuve de vie. Le silence, lui, est synonyme de mort. Mention spéciale aux moments de grâce où l’on parvient à lancer un vinyle sur une platine pour voler au son d’un jazz mélancolique, en attendant la fin inéluctable.

Time Flies, verdict

Time Flies est une fable moderne. Un jeu qui ne cherche pas à vous retenir captif, mais à vous libérer. En transposant nos aspirations humaines (gloire, richesse, art) à l’échelle d’une mouche, Playables en révèle toute l’absurdité tragi-comique.

C’est imparfait, c’est court (2-3 heures pour le 100%, 12 pièces de puzzle à trouver pour les acharnés), c’est parfois agaçant… exactement comme la vie. Et c’est précisément pour cela qu’il faut y jouer. Maintenant. Avant qu’il ne soit trop tard.

On a aimé : L’audace du concept (lier géographie et temps de jeu), l’humour noir omniprésent, et la direction artistique indémodable.

On a moins aimé : La physique de vol parfois rageante (c’est réaliste, mais bon sang !) et une durée de vie qui laisse un goût de « trop peu ».

C’est plutôt pour vous si… Vous aimez les expériences indés bizarres (Untitled Goose Game, WarioWare) et l’humour absurde.

Ce n’est plutôt pas pour vous si… Vous calculez le ratio « euro par heure de jeu » ou si le bruit d’un insecte qui vole vous donne des envies de meurtre.

Avec Time Flies, Playables ne fait pas mouche à tous les coups, mais il nous rappelle avec brio que si le temps vole, il vaut mieux en rire qu’en pleurer. Bzzzz.

Très bon !

⭐⭐⭐⭐

Note : 4 sur 5.

Time Flies est dispo sur PlayStation 5, Nintendo Switch, Steam, Epic Games Store et Mac App Store depuis le 31 juillet 2025.


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