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Upper Deck sur la sellette face à la fronde éthique du monde du jeu

🚫 Upper Deck s’offre Harry Potter et la communauté ludique voit rouge. Boycott, TGDA et droits trans : le jeu de société en ébullition.


Upper Deck : La TGDA monte au créneau contre un futur jeu Harry Potter

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L’essentiel en 3 points :

  • Upper Deck récupère la licence Harry Potter pour 2026, provoquant la colère immédiate de la TGDA (auteurs et autrices de jeux).
  • Les prises de position anti-trans de J.K. Rowling rendent l’achat de produits officiels éthiquement inacceptable pour une partie de la communauté.
  • Après le fiasco Codenames en 2025, Upper Deck joue sa réputation sur un terrain miné où la neutralité n’existe plus.

Imaginez : le roi du deck-building rencontre le sorcier à lunettes pour un mariage arrangé. Champagne ? Non, levée de boucliers.

C’est l’histoire d’un mariage qui aurait dû faire sauter les bouchons de Champomy chez les ludistes, mais qui finit en duel de sorciers avant même la nuit de noces. Upper Deck, le géant américain connu pour nous avoir fait drafter du super-héros jusqu’à l’overdose avec son système Legendary, vient de mettre la main sur le Saint Graal des licences : Harry Potter.

Sur le papier ? Un rêve. Imaginez un deck-building où l’on recrute Dumbledore pour tataner du Mangemort. Sauf que dans la vraie vie, l’annonce a eu l’effet d’un Avada Kedavra sur l’ambiance. Pourquoi ? Parce qu’en 2026, on ne joue plus tout à fait comme avant. Et le fantôme de J.K. Rowling plane désormais au-dessus de chaque boîte de jeu comme un Détraqueur en mal d’affection.

Des cartes, un flou artistique et une fronde

Début janvier, Upper Deck bombarde la nouvelle : « Nous avons la licence Harry Potter ! ». Champagne ? Pas vraiment. Ils annoncent d’abord une gamme de cartes à collectionner (JCC / TCG). Mais le tout-Twitter ludique flaire le coup : un jeu de plateau Legendary: Harry Potter est-il dans les cartons ?

C’est là que la TGDA (Tabletop Game Designers Association), l’association américaine des auteurs et autrices de jeu, sort du bois sur les réseaux sociaux. Pas pour applaudir, mais pour tirer la sonnette d’alarme. Leur message est clair comme de l’eau de roche : « Upper Deck, ne faites pas ça. » L’association professionnelle appelle publiquement l’éditeur à renoncer à tout projet de jeu de société. La raison ? Préserver un espace de jeu inclusif pour tous, et spécifiquement pour la communauté transgenre.

Upper Deck has announced that they have acquired the Harry Potter license for a series of trading cards. They have not yet said that they will be using this license for games, and we urge them to refrain from doing so, to help keep gaming a welcoming environment.

Tabletop Game Designers Association (@ttgda.bsky.social) 2026-01-18T15:46:48.013Z

Upper Deck, sentant le vent tourner, a tenté une esquive digne d’un Vif d’Or : « Nous n’avons pas prévu de produire de jeu de plateau Harry Potter pour le moment. » Une réponse « langue de bois » publiée sur BlueSky qui n’a convaincu personne. Pour Marceline Leiman de la TGDA, c’est même pire : c’est un silence complice. Elle appelle au boycott pur et simple.

We have no plans to produce Harry Potter games at this time.

Upper Deck Entertainment (@upperdeckent.bsky.social) 2026-01-21T21:30:30.574Z

Pourquoi tant de haine (et de boycott) ?

Il faut avoir vécu dans une grotte (ou une Chambre des Secrets sans Wi-Fi) pour ignorer le contexte. J.K. Rowling n’est plus seulement l’autrice de nos souvenirs d’enfance. Elle est devenue une figure de proue des mouvements anti-trans outre-Manche, finançant massivement des organisations luttant contre les droits de ces minorités.

C’est là que le bât blesse pour le monde du jeu. Acheter un jeu officiel Harry Potter, c’est verser des royalties. Et ces royalties finissent dans la poche d’actions discriminatoires. Éric Lang (le papa de Blood Rage) l’a résumé sèchement : « Sortir un jeu Harry Potter aujourd’hui, c’est un acte politique. »

Le précédent « Codenames »

Upper Deck semble avoir la mémoire courte. Souvenez-vous de l’été dernier, en 2025. Czech Games Edition (CGE) avait lancé Codenames: Back to Hogwarts. Résultat ? Un tollé monumental. Les médias influents comme Shut Up & Sit Down ont boycotté l’éditeur, qualifiant le jeu d’insulte « sans âme ».

CGE avait dû rétropédaler en urgence, promettant de reverser 100% des bénéfices à des associations trans. Un « damage control » qui a laissé des traces. Upper Deck, qui sort à peine d’un procès perdu contre Ravensburger (l’affaire Lorcana, vous vous souvenez ?), semble vouloir remettre une pièce dans la machine à polémiques.

Et maintenant ?

L’industrie est à la croisée des chemins. Fini le temps où l’on collait une licence sur une mécanique sans se poser de questions. La communauté joueuse est devenue vigilante, politisée, exigeante.

Upper Deck va-t-il persister et signer, quitte à se mettre à dos une partie de ses auteurs, autrices, joueurs et joueuses ? Ou verrons-nous une première historique : un éditeur renonçant à une « poule aux œufs d’or » par éthique, en cédant à la pression ? Une chose est sûre : chez Gus&Co, on continuera de scruter ça de près. Parce que le jeu, c’est la vie, mais la vie des gens, c’est quand même plus important que le jeu. Upper Deck espérait Expelliarmus les critiques, ils se sont pris un Stupéfix en pleine face.

Upper Deck pourrait lancer des jeux Harry Potter. Vous en pensez quoi ?

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