Dnup, le jeu de défausse qui ne joue pas franc jeu
Format poche, règles express, mais ne vous fiez pas aux apparences : Dnup cache une petite mécanique retorse. Notre avis sur ce jeu malin.
Article écrit par :
Laure
Dnup : un jeu de défausse renversant
Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.
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L’essentiel en 3 points :
- Dnup revisite le jeu de défausse classique avec des cartes à deux valeurs, retournées selon certaines actions de jeu.
- Format compact, mise en place rapide, règles accessibles dès la première partie.
- Une bonne dose de hasard assumé, davantage taillé pour 4-5 que pour le duo.
Certains jeux se retournent contre vous. Dnup, littéralement, retourne vos cartes contre vous.
Les jeux de défausse ont souvent une réputation de simplicité : on pioche, on pose, on essaie de vider sa main avant les autres. Avec Dnup (qui se prononce « Down up »), Kei Kajino et Gilles-Romain Fonteny reprennent cette base très classique pour lui ajouter une idée en apparence toute simple : des cartes qui peuvent changer de valeur selon leur orientation.
Derrière son petit format et ses règles accessibles, Dnup cache donc un jeu plus malin qu’il n’y paraît. L’idée centrale tient en quelques mots : c’est une sorte de UNO, mais chaque carte possède deux valeurs différentes. Attention, il n’est pas question de retourner ses cartes librement pour choisir la meilleure option : le changement d’orientation est contrôlé par certaines actions du jeu, notamment lorsqu’on récupère des cartes ou lorsqu’on décide de retourner toute sa main.

Un matériel compact qui va droit au but
Contenu de la boîte :
- 1 feuille de règles
- 5 aides de jeu
- 40 cartes
- 16 jetons Lettre
Dnup mise clairement sur l’efficacité. La boîte est compacte, le matériel limité, et pourtant tout fonctionne parfaitement.
Les cartes sont au centre de l’expérience et leur conception répond bien aux besoins du jeu. Les valeurs sont facilement identifiables, les retournements restent lisibles et la découpe graphique apporte une petite touche d’originalité sans surcharger l’ensemble.
La direction artistique est plutôt sobre, mais cohérente avec l’esprit du jeu. Dnup n’essaie pas de raconter une histoire ou de créer un univers particulier : il veut être rapide à sortir, simple à manipuler et agréable à jouer.
La mise en place est également un vrai point fort. Que l’on joue à deux, trois, quatre ou cinq joueureuses, quelques minutes suffisent pour lancer une partie. Même constat pour le rangement : c’est le genre de petit jeu qu’on peut facilement glisser dans un sac pour partir en week-end ou en vacances.
Des règles accessibles, avec juste ce qu’il faut de subtilité
Le principe général est simple : être le premier à se débarrasser de toutes ses cartes.
À son tour, un joueur ou une joueuse réalise une seule action parmi quatre possibilités :
- poser une série de cartes de même valeur active ;
- ajouter une carte à une série adverse ;
- récupérer une série présente sur la table ;
- retourner toute sa main.
Les séries doivent respecter une hiérarchie selon leur taille et leur valeur. Impossible donc de poser n’importe quoi n’importe quand : il faut observer ce qui existe déjà sur la table et trouver le bon moment pour agir.
Une manche se termine lorsque deux personnes ont réussi à vider leur main. Le premier récupère deux jetons Lettre, le second un seul. La partie complète prend fin lorsqu’un ou une joueuse atteint quatre jetons et réalise donc un dnup.
La règle la plus importante à retenir concerne les valeurs actives et inactives. Une carte récupérée doit être retournée avant de rejoindre sa main, ce qui peut complètement changer sa valeur. Une fois cette petite subtilité assimilée, le jeu devient beaucoup plus naturel.
Dnup reste donc très accessible, y compris pour des joueuses et joueurs peu habitués aux jeux de société. En revanche, il faudra généralement une ou deux parties pour commencer à entrevoir toutes les possibilités offertes par le système.
Dnup tient-il ses promesses autour de la table ?
C’est probablement là que le jeu fonctionne le mieux.
Les premières minutes donnent l’impression d’avoir affaire à un petit jeu de cartes très classique. Puis les joueurs et joueuses commencent progressivement à comprendre les possibilités offertes par les différentes actions.
On surveille davantage les actions adverses, on réfléchit à l’intérêt de renforcer une série, de provoquer une récupération ou au contraire de garder certaines cartes pour plus tard. Les interactions sont nombreuses et il devient rapidement possible de préparer quelques coups un peu taquins.
L’action permettant d’ajouter une carte à une série adverse est particulièrement intéressante. Elle peut sembler aider un ou une joueuse, mais elle peut aussi provoquer une situation où cette série devient trop faible ou entre en conflit avec une autre combinaison. Le jeu récompense donc ceux qui observent bien la table.
J’ai toutefois été légèrement surprise par l’équilibre entre réflexion et hasard. En découvrant le principe, je m’attendais à un jeu plus stratégique et calculatoire. Dans les faits, la distribution des cartes et les retournements apportent une part d’aléatoire assez importante.
Ce n’est pas forcément un défaut. Au contraire, cela permet à Dnup de rester rapide, accessible et dynamique. On n’est pas dans un jeu où l’on contrôle tout, mais plutôt dans un jeu d’opportunités où il faut savoir profiter du bon moment.
Plus les parties s’enchaînent, plus on découvre de nouvelles façons de jouer. La rejouabilité est donc bien présente, car les stratégies évoluent avec l’expérience.
À deux, Dnup bénéficie de règles dédiées plutôt bien trouvées. Elles permettent de conserver une bonne partie de l’interaction et des choix tactiques présents dans les configurations plus nombreuses. Dnup en duo reste agréable et fonctionne bien, même s’il ne deviendra probablement pas un incontournable absolu des jeux à deux. C’est vraiment avec quatre ou cinq participants qu’il prend une autre dimension : davantage de chaos, plus d’interactions et plus de retournements inattendus.
Dnup, verdict Gus&Co
Dnup est un petit jeu de cartes qui réussit à faire beaucoup avec peu. Son principe de cartes réversibles apporte une vraie fraîcheur à un genre pourtant très exploré, tout en conservant une accessibilité immédiate.
Ce n’est pas le jeu le plus stratégique du monde, et les amateurs de contrôle total risquent peut-être de rester sur leur faim. Mais pour une partie rapide entre amis, en famille ou pendant les vacances, il coche beaucoup de cases : simple à expliquer, rapide à sortir et suffisamment fun et malin pour donner envie d’enchaîner les manches.
On a aimé :
Une carte qui change de camp sans prévenir, c’est le genre de petite traîtrise qu’on lui pardonne volontiers.
On a moins aimé :
Un peu trop de hasard pour ceux qui aiment planifier leurs coups trois tours à l’avance — Dnup préfère l’improvisation au calcul.
C’est plutôt pour vous si…
Vous cherchez un petit jeu à glisser dans la valise, rapide à expliquer même à des joueuses et joueurs occasionnels.
Ce n’est plutôt pas pour vous si…
Vous ne jurez que par le duo et le contrôle total de la partie — Dnup s’épanouit surtout à 4 ou 5.
Un excellent ajout dans une ludothèque, notamment grâce à son format, son prix et sa facilité de prise en main. Un petit paquet de cartes qui n’a l’air de rien, et qui retourne pourtant bien plus de situations qu’on ne l’imagine.

- Date de sortie : Juin 2026
- Langue : Française
- Assemblé en : Chine
- ITHEM : 1 sur 5. Pour en savoir plus sur l’ITHEM dans les jeux de société, c’est ici.
- IGUS : 4 sur 5. Pour en savoir plus sur l’IGUS dans les jeux de société, c’est ici.
- EcoScore : C. Si vous voulez en savoir plus sur l’EcoScore dans les jeux de société, c’est ici.

- Label Dé Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
- Création : Kei Kajino
- Illustrations : Gilles-Romain Fonteny
- Édition : Asmodee
- Nombre de joueurs et joueuses : 2 à 5 (top à 4-5)
- Âge conseillé : Dès 8 ans
- Durée : Environ 15 à 25 minutes
- Thème : Abstrait, cartes à double valeur
- Mécaniques principales : Défausse, combinaisons, gestion de main. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.
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