Vital Lacerda : Top 10 de ses jeux, ou comment faire fondre son cerveau
Prêts à faire fondre vos neurones ? Notre Top 10 des jeux de Vital Lacerda. De Kanban EV à On Mars, trouvez votre prochain défi !
Vital Lacerda : Pourquoi ses jeux rendent-ils fous (et on adore ça) ? Le Top 10
L’essentiel en 3 points :
- Les jeux de Vital Lacerda sont l’Everest du jeu de plateau, l’investissement initial est lourd mais toujours récompensé.
- Des plateaux toujours édités aux petits oignons par Eagle-Gryphon Games et illustrés avec génie par Ian O’Toole.
- On Mars, Kanban EV et Lisboa règnent en maîtres sur son catalogue, mêlant immersion folle et mécaniques redoutables.
Dans la vie, il y a deux types de joueurs : ceux qui fuient en entendant « Vital Lacerda », et ceux qui sortent le paracétamol avec le sourire.
Vous connaissez ce frisson ? Ce mélange de pure excitation et de terreur absolue quand on soulève le couvercle d’une boîte neuve et qu’on réalise que le livret de règles pèse plus lourd qu’un parpaing. Si ça vous parle, vous avez forcément déjà croisé la route de Vital Lacerda.
Depuis plus de dix ans, ce auteur portugais est l’idole, l’égérie, l’icône du jeu de société « expert ». Oui, tout ça en même temps. Ses jeux ? De véritables usines à gaz où chaque action déclenche une cascade de conséquences. Et oui, franchement, l’auteur, et ses jeux, divisent. On l’adore, on le déteste, certains s’enfuient en hurlant à la vue du plateau. Mais impossible de l’ignorer. Sur Gus&Co, « c’est un Lacerda » est presque devenu un adjectif. Ça veut dire : complexe, magnifique, touffu, et, soyons honnêtes, souvent hors de prix.
Mais d’où sort-il, ce tortionnaire de neurones ? Voici son portrait, et notre Top 10. Un exercice aussi casse-gueule que de choisir son enfant préféré.
Le publicitaire devenu horloger
Tordons le cou à une légende urbaine : non, Lacerda n’est pas architecte. Ni comptable. Ni bourreau sadique. Même si on retrouve de tout ça un peu dans ses jeux. Le mec a taffé près de vingt ans dans la pub comme directeur artistique. Et c’est en 2006, un peu soûlé de voir ses idées ruinées parce que (je le cite) « la femme du client préférait le jaune au bleu », qu’il plaque tout. Il se lance en freelance.
C’est là qu’il découvre vraiment le jeu de société moderne. Le déclic. Il se lance dans la créa de jeux de société en développant une extension d’une carte du Portugal (logique !) pour Age of Steam, le célèbre jeu de trains. Il sort son premier gros bébé, Vinhos, en 2010. Lors de son tout premier playtest avec des potes, au bout d’une heure… il ne s’était littéralement rien passé. Ils n’avaient même pas fini la mise en place. Fallait s’en douter.
Ce qui fait le sel d’un Lacerda, c’est que le thème passe avant la mécanique. Là où d’autres pondent un tableur Excel bien aride pour y coller un thème ensuite, lui s’inspire de ses tripes. Le vin, l’art, les bagnoles électriques, l’espace. Dans Kanban EV, l’usine tourne comme une vraie ligne Toyota. Dans Lisboa, vous magouillez avec les vrais nobles de 1755.
Et la difficulté ? Il l’assume à 200%. Si vous cherchez un petit jeu d’apéro qu’on oublie 5 minutes après y avoir joué, passez votre chemin. Mais si vous vous accrochez, alors là, c’est le kiff total, et c’est là que la magie opère.
(Petite parenthèse obligatoire : impossible de parler de Lacerda sans mentionner Ian O’Toole. Ce graphiste irlando-australien est le traducteur visuel de Lacerda. Depuis 2015, c’est lui qui transforme ces équations brutales en plateaux sublimes. O’Toole ne fait pas que de jolis dessins, il sauve littéralement nos cerveaux avec des pictos (qu’on espère) limpides).
Bon, on l’attaque ce Top 10 ? Voici donc notre sélection des 10 meilleurs jeux de Vital Lacerda, classés par ordre croissant. Et oui, on se réjouit de découvrir vos commentaires avec VOTRE TOP 10 à vous.
Le Top 10 des jeux de Vital Lacerda
Escape Plan (2019)

Le vilain petit canard, mais tellement jouissif. Fini l’usine ou la vigne, place au film de braquage. Vous devez fuir la ville avec le magot avant que le SWAT ne boucle le quartier. Élimination directe si vous vous foirez. C’est asymétrique, viscéral, très punitif. Les puristes grincent parfois des dents, moi je trouve ça mortel.
Escape Plan : Chez Philibert
CO2: Second Chance (2018)

C’est Daybreak bien avant l’heure. Vous gérez des multinationales de l’énergie. Le twist sadique ? C’est un semi-coop. Si la pollution globale crève le plafond, la planète grille et tout le monde perd. Mais à la fin, un seul joueur gagne. Ça crée une diplomatie d’entreprise hyper toxique. Tendu comme un string.
CO2: Second Chance : Chez Philibert
Inventions: Evolution of Ideas (2024)

Il a littéralement mis toute l’histoire de l’innovation humaine dans une boîte. Résumée en 13 manches. C’est l’extrême du style Lacerda : le chaînage d’actions donne le tournis. Le truc cool, c’est quand vous créez une idée et que les autres l’utilisent, ça vous rapporte. C’est vertigineux. Juste dommage que la traduction en VF soit aussi… commment dire… moisie.
Inventions: Evolution of Ideas Chez Philibert
Weather Machine (2022)

L’usine à gaz assumée. On bricole une machine à contrôler le climat avec une esthétique steampunk sublime. Mais mécaniquement… mon dieu, accrochez-vous. C’est d’une lourdeur astronomique. Ça imbrique labo, brevets, subventions. Si vous cherchez un étalonnage brutal de votre Q.I., c’est là. Trop lourd pour certains, pur génie pour les masochistes.
Weather Machine : Chez Philibert
Speakeasy (2025)

Le petit nouveau. Et hasard des calendriers des coïncidences, notre chroniqueur maison Bast vous en a justement parlé hier. On part à New York pendant la Prohibition pour gérer des bars clandestins. La grande surprise ? Vital Lacerda a intégré du pur contrôle de territoire ! Et surtout, c’est jouable sans prendre d’aspirine avant. Les interactions sont brutales. Il va vite grimper dans ce classement en fil des semaines, des mois, des parties.
Speakeasy : Chez Philibert
Vinhos Deluxe Edition (2016)

Le grand cru classé. Là où tout a commencé. Le tout premier (gros) jeu de Vital Lacerda. Vous avez 13 actions pour toute la partie. Treize. C’est tout. C’est d’une rareté mathématique cruelle. L’édition de 2016 permet de jouer avec les règles de 2010 (pour les durs) ou les règles révisées. Un chef-d’œuvre de frustration positive.
Vinhos : Chez Philibert
The Gallerist (2015)

Franchement, si vous n’avez jamais touché un Lacerda, commencez ici. 4 lieux, 8 actions possibles. Ça a l’air bête. Mais derrière, c’est une guerre psychologique pour gérer une galerie d’art, snober des VIP et spéculer sur le talent d’artistes inconnus. Et l’action bonus quand on se fait « éjecter » d’une case… un pur coup de génie.
The Gallerist : Chez Philibert
Lisboa (2017)

Son œuvre la plus intime. Parce que Portugal, forcément. Lisbonne, 1755. Tremblement de terre, tsunami, incendies. Tout est rasé. Le cœur du jeu est d’une pureté dingue : tu joues une carte, tu fais l’action. Sauf que les conséquences sont monumentales sur l’économie de la ville. Faut (grand minimum) 3 parties pour piger la matrice, mais ça vaut le coup.
Lisboa : Chez Philibert
Kanban EV (2021)

Le burn-out en entreprise (et on en redemande). Vous êtes cadre chez Toyota. L’éclair de génie, c’est Sandra, la boss (gérée par le jeu) qui passe son temps à vous évaluer et à vous pénaliser. C’est d’une paranoïa folle. On adore la détester. La mécanique de chaîne de montage est d’une logique implacable. Sa montre suisse (comment ça, moi, chauvin ? Jamais).
Kanban EV : Chez Philibert
On Mars (2020)

Le. Kiff. Magistral. TOP ONE (pour nous). Un plateau divisé en deux : l’orbite spatiale d’un côté, la surface martienne de l’autre. Faut prendre la navette pour passer de l’un à l’autre, et croyez-moi, vous allez la rater. Tout est interconnecté (l’eau a besoin d’énergie, l’oxygène a besoin de plantes…). La première partie fait physiquement mal. Mais l’émerveillement quand la colonie se met à tourner toute seule n’a pas de prix. Magistral. TOP ONE.
On Mars : Chez Philibert
Le mot de la fin
Quinze ans de carrière, vingt jeux (sans compter les goodies et autres extensions), zéro compromis. Vital Lacerda a réussi le pari de faire des jeux exigeants et intransigeants dans un marché qui réclame souvent du jetable. Alors oui, préparez la (graaaaaande) table et le café (trèèèèèèès) fort. Mais l’investissement en vaut largement la chandelle. Jouer à un Lacerda, c’est comme un double expresso sans sucre. La première gorgée arrache, mais après, on devient complètement accro à l’adrénaline de la réflexion.Vivement la Grande Bibliothèque en automne !
Rejoignez notre communauté :
Rejoignez notre chaîne WhatsApp
&&

&