https://gusandco.net/ {{ work.publishdate|date:"Y-m-d H:i" }}

Codenames Back to Hogwarts : le sortilège que CGE n’a pas vu venir

📜 Le rêve Codenames Back to Hogwarts vire au cauchemar. Entre amour de la licence et boycott de J.K. Rowling, la communauté réagit.


Un sortilège que Codenames n’a pas vu venir : pourquoi le nouveau Harry Potter déchire le monde du jeu

Codenames Back to Hogwarts

Vous pouvez écouter cet article sous forme de podcast ici, généré par IA. Et nous sommes également également sur Apple Podcast & sur YouTube Podcast ici :

En bref :

  • L’annonce de Codenames Back to Hogwarts par CGE a déclenché une vive polémique à cause des positions de J.K. Rowling.
  • Entre appels au boycott et défense de la séparation de l’œuvre et de l’artiste, la communauté ludique se déchire.
  • La communication de CGE, jugée maladroite, a aggravé la situation, transformant un jeu très attendu en un cas d’école éthique.

C’était quand, votre dernière partie de Codenames ? Vous y jouez souvent, parfois, jamais ? Et si on disait que la nouvelle variante Codenames Back to Hogwarts vire au cauchemar ?

Imaginez le tableau : l’un des jeux d’ambiance les plus populaires de la planète, Codenames, rencontre l’une des licences les plus puissantes et aimées au monde, Harry Potter. Sur le papier, c’est le mariage parfait, la poule aux œufs d’or assurée. C’est sans doute ce que pensait l’éditeur tchèque Czech Games Edition (CGE) en annonçant fièrement, fin juillet 2025, Codenames: Back to Hogwarts.

Mais ce qui devait être une fête s’est transformé en l’une des plus grosses polémiques que le monde du jeu de société ait connues. Car en 2025, associer son nom à Harry Potter, c’est accepter d’invoquer un fantôme bien plus encombrant que Mimi Geignarde : celui de J.K. Rowling.

Un rêve de fan qui vire au cauchemar PR

Soyons clairs, l’idée de base était géniale. CGE n’a pas fait une simple resucée. Rappelons qu’une première version de Codenames Back to Hogwarts est sortie en 2018. Ce Retour à Poudlard promettait toutefois du neuf : une compétition entre Maisons (Gryffondor, Serdaigle, Poufsouffle et Serpentard), des capacités asymétriques pour chaque équipe, et même un système de Coupe des Quatre Maisons pour suivre ses scores sur plusieurs parties. Un véritable rêve pour les fans, que CGE disait réaliser avec des étoiles dans les yeux, parlant de « redonner vie à un rêve d’enfance ».

Les précommandes lancées en juillet pour une sortie fin 2025 semblaient bien parties. Mais l’enthousiasme a été douché en quelques heures par une vague de colère monumentale. La raison ? Les prises de position de J.K. Rowling sur les questions de genre, largement considérées comme transphobes, qui divisent profondément la communauté des fans depuis des années.

Codenames Harry Potter matos

« Je boycotte », la communauté sort les fourches

À peine l’annonce faite, les réseaux sociaux se sont enflammés. De Bluesky à Reddit, en passant par les forums de BoardGameGeek, le message était clair pour beaucoup : pas un centime ne doit aller, même indirectement, à J.K. Rowling.

It's here! CGE Unlocked: Summer Edition has landed!We've been quietly working on something exciting… and now it's time to reveal it all 👀 Watch the full premiere🔗 youtu.be/SAIsSCGm0d4?…#CGE #CGEUnlocked #Codenames#BoardGames

Codenames (@codenamesgame.bsky.social) 2025-07-22T19:15:13.702Z

Sur BGG, un sujet au titre sans équivoque, « Déçu par CGE : cette licence n’aurait pas dû être publiée aujourd’hui », a recueilli des dizaines de témoignages indignés. Pour beaucoup, le calcul est simple : acheter ce jeu, c’est soutenir financièrement une autrice qui utilise sa plateforme pour, selon eux, nuire à la communauté transgenre. Comme le résume un internaute, l’idée de donner de l’argent qui « sera transformé en arme contre nos amis et nos familles » est insupportable.

L’humour noir s’en est même mêlé, un utilisateur ironisant que chaque boîte vendue rapporterait « 666,66 $ à Rowling qu’elle dépensera dans un laser anti-trans ». Si c’est une caricature, elle illustre parfaitement la crispation : l’achat n’est plus un simple acte de consommation, c’est un acte politique.

La défense maladroite de CGE

Pris dans la tempête, CGE a tenté de calmer le jeu avec un communiqué le 25 juillet, intitulé « Pourquoi nous avons créé cette nouvelle version ». Le hic ? Le texte, qui se voulait apaisant, n’a fait que jeter de l’huile sur le feu.

Sans jamais nommer Rowling ou le problème, CGE y parle de son amour pour l’univers, de la magie des histoires, et conclut par un appel à « l’empathie » et au « respect ». Une bonne intention, peut-être, mais perçue par beaucoup comme une esquive. Pire, le mot « empathie » a été interprété comme une demande de comprendre… CGE et ceux qui achèteraient le jeu, plutôt que les personnes blessées par les propos de l’autrice.

Pour couronner le tout, la situation s’est envenimée sur Bluesky, où CGE a été accusé de bloquer massivement les comptes critiques. Une liste de plus de 200 comptes bannis a circulé, incluant des critiques de jeu influents comme No Pun Included. L’image renvoyée fut désastreuse : d’un côté, un appel à la discussion respectueuse ; de l’autre, une porte fermée aux critiques.

Peut-on encore jouer à Poudlard en toute innocence ?

Cette affaire expose au grand jour le dilemme qui tiraille de nombreux fans : peut-on séparer l’œuvre de l’artiste ?

  • D’un côté, le camp du boycott. Pour eux, la réponse est non. Chaque produit dérivé est une victoire pour Rowling. Ils appellent à la cohérence éthique : si on désapprouve ses idées, on ne doit pas les financer. Certains vont même plus loin en proposant de faire un don à une association de défense des droits des personnes trans du même montant que le prix du jeu.
  • De l’autre, ceux qui nuancent. Ils défendent l’idée que Harry Potter leur appartient aussi, à eux, les fans. Que l’univers a dépassé sa créatrice. Cet argument, souvent résumé par la formule « pas de consommation éthique en système capitaliste », suggère qu’il est impossible d’avoir des achats 100 % purs. Après tout, nos smartphones et nos vêtements sont souvent issus de chaînes de production bien plus problématiques.

Peut-on séparer l’art de l’artiste, un jeu de son auteur ? Une question que nous avons déjà débattue. Avec ce Codenames Back to Hogwarts, la question se pose.

L’onde de choc

Pour CGE, la situation est un casse-tête. L’éditeur, réputé et apprécié, se retrouve piégé. En voulant s’appuyer sur une licence ultra-populaire pour ce qui semblait être un succès commercial facile, il a importé dans le monde feutré du jeu de société une « guerre culturelle » qui le dépasse.

Au final, Codenames: Back to Hogwarts est devenu, avant même sa sortie, le symbole d’une époque. Une époque où l’on attend des éditeurs qu’ils soient conscients des enjeux politiques de leurs choix, même commerciaux.

La grande question demeure : les joueurs et joueuses arriveront-ils à faire la part des choses et à simplement s’amuser à trouver des mots dans la Salle Commune ? Ou est-ce que le fantôme de la controverse hantera chaque partie, rendant impossible de lancer un simple « Expelliarmus ! » sans arrière-pensée ? Réponse dans les mois à venir, sur nos tables de jeu.

Dans le monde du jeu de société, certaines licences sont des cadeaux empoisonnés. Codenames vient de déballer celui de Harry Potter.

Le nouveau Codenames Harry Potter : l'achèteriez-vous ?

Rejoignez notre chaîne WhatsApp


Depuis 2007, vous êtes nombreux et nombreuses à nous suivre et à faire vivre ce blog dédié aux jeux. Pour vous offrir un espace sans publicité et du contenu le plus agréable possible, nous entretenons des partenariats d’affiliation avec Philibert et Play-in : nous touchons une petite commission lorsque vous achetez via nos liens.

Notre indépendance tient aussi à votre soutien, notamment sur Tipeee. Chaque geste, même modeste, nous aide à continuer cette belle aventure avec vous. Merci !

Soutenez Gus&Co sur Tipeee

L’article Codenames Back to Hogwarts : le sortilège que CGE n’a pas vu venir est apparu en premier sur Gus & Co.