Disney Lorcana menacé d’interdiction en Europe
Votre collection Lorcana en danger ? Upper Deck veut faire interdire le JCC Disney en Europe. La bataille continue !
Procès Disney Lorcana : Upper Deck relance la bataille en Europe
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L’essentiel en 3 points :
- Après avoir perdu aux USA et réglé l’affaire pour 39 000 $, Upper Deck relance la bataille juridique contre Ravensburger.
- Upper Deck change de stratégie et attaque en Europe, invoquant le vol de « secrets d’affaires » et la concurrence déloyale, des lois jugées plus strictes sur le Vieux Continent.
- L’enjeu est majeur : risque d’interdiction de Lorcana en Europe et création d’un précédent juridique crucial pour la protection des idées dans l’industrie du jeu.
On pensait l’affaire enterrée pour des cacahouètes, mais le procès Lorcana vient de prouver qu’il a plus de vies qu’un chat dans un dessin animé Disney.
Fin octobre 2025, le rideau semblait tomber sur la saga judiciaire opposant Upper Deck à Ravensburger aux États-Unis. Un règlement à l’amiable de 39 000 dollars venait conclure deux ans de procédures intenses. Une somme dérisoire qui, selon Ravensburger, correspondrait simplement aux honoraires versés par Upper Deck à l’auteur Ryan Miller lorsqu’il travaillait pour eux.
Mais si vous pensiez que c’était la fin du drame, sortez le popcorn. Upper Deck n’a pas dit son dernier mot et déplace désormais le champ de bataille de l’autre côté de l’Atlantique. Chez nous en Europe.
L’épisode américain : pourquoi ça n’a pas marché ?
Pour rappel, Upper Deck accusait Ravensburger (et Ryan Miller) d’avoir purement et simplement plagié leur jeu secret, Rush of Ikorr, pour créer le carton planétaire Disney Lorcana. Ils réclamaient la bagatelle de 250 millions de dollars.
Cependant, la justice américaine a infligé un revers cinglant à Upper Deck. La raison principale ? Un principe fondamental du droit d’auteur : on protège l’expression d’une idée (les illustrations, l’univers, le texte précis), mais pas l’idée elle-même. La juge fédérale a estimé que les mécaniques de jeu ne sont pas protégeables. Ce sont des concepts génériques, des outils que tout le monde peut utiliser.
Le tribunal a conclu que, même s’il y avait des similarités, elles résultaient de l’utilisation d’idées communes dans l’univers des JCC. Bref, Ravensburger a été blanchi des accusations de contrefaçon et de concurrence déloyale.
Secrets d’affaires et concurrence déloyale
Alors, pourquoi Upper Deck s’acharne-t-il ? Parce qu’ils changent complètement de stratégie juridique. Jason Masherah, président d’Upper Deck, cité sur ICv2, l’affirme : « la loi [en Europe] offre des protections plus fortes pour la propriété intellectuelle ». Une plainte a déjà été déposée aux Pays-Bas.
Oubliez le droit d’auteur. Le nouveau combat se jouera sur le terrain des secrets d’affaires et de la concurrence déloyale.
En Europe, une directive protège les informations commerciales confidentielles (Directive 2016/943). Upper Deck ne dira plus « Lorcana copie notre création », mais plutôt « Ravensburger a obtenu un avantage déloyal en utilisant illicitement nos informations de développement confidentielles transmises par Ryan Miller ».
L’enjeu n’est plus l’originalité créative, mais l’éthique des affaires. Upper Deck devra prouver que les concepts de Rush of Ikorr étaient secrets, qu’ils avaient une valeur commerciale, et qu’ils avaient pris des mesures pour les protéger (via le contrat de Miller, notamment).
Quels sont les risques pour Lorcana ?
Pour Ravensburger, c’est la perspective de replonger dans un combat juridique long et coûteux.
Le risque principal ? Qu’Upper Deck obtienne une injonction pour suspendre la vente de Disney Lorcana sur le marché européen en attendant le jugement. Ce serait un coup d’arrêt brutal pour le jeu et un manque à gagner colossal pour Ravensburger et Disney, qui suit évidemment l’affaire de très près.
Un enjeu pour toute l’industrie ludique
Au-delà de Lorcana, cette affaire passionne (et inquiète) l’industrie du jeu de société. Nous y compris.
Si Ravensburger gagne à nouveau, cela confortera la liberté de création et le principe que les mécaniques de jeu appartiennent au domaine public. Ravensburger estime d’ailleurs que leur défense rigoureuse a « protégé les concepteurs de jeux à travers toute l’industrie de ce type de litiges ».
En revanche, si Upper Deck obtenait ne serait-ce qu’un succès partiel, cela créerait un précédent majeur. Cela pourrait refroidir la mobilité des auteurs et autrices (qui n’oseraient plus passer d’un éditeur à l’autre avec leur savoir-faire) et encourager une vague de procès entre concurrents.
La question centrale est universelle : lorsqu’un auteur ou une autrice travaille pour une entreprise, quelle part de cette connaissance emporte-t-il avec lui ? S’agit-il de sa compétence générale ou de la propriété intellectuelle de l’entreprise ? Le tribunal européen devra trancher.
La saga continue, et le dénouement pourrait bien redéfinir les règles du jeu pour les années à venir. En attendant le verdict européen, une seule chose est sûre : les avocats seront les grands gagnants de cette partie.
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